Le vendredi 13 mars, le dernier CSE s’est tenu avant la naissance du futur CSA de l’ASNR. Les derniers feux de l’IRSN s’éteignent donc, et même si tous les élus de vos organisations syndicales en étaient forcément émus, ce CSE était aussi important car il dressait le bilan de la première année d’exercice de l’ASNR concernant le résultat de l’intéressement des salariés.
Selon les accords, l’intéressement est calculé à partir d’indicateurs, soulignant une approche vertueuse pour inciter les salariés à atteindre des objectifs en ligne avec la stratégie managériale de la Direction.
Force est de constater, et sans langue de bois, que le résultat est mauvais amputé de 45% : 742,04€ en moyenne, à comparer aux 1306,18 € en 2024. Vous n’êtes pas satisfaits ? La CFE-CGC non plus.
Notre intéressement est plombé par deux indicateurs :
- le nombre de publications scientifiques et de brevets,
- la fréquence et la gravité des accidents du travail des salariés.
Le premier indicateur atteint de justesse le seuil minimum permettant de satisfaire le critère nous octroyant 50% du montant lié à cet indicateur scientifique.
Ce résultat suscite un double étonnement, car d’une part l’excellence de nos chercheurs et de nos travaux de recherche n’a pas changé en 2025, et d’autre part la très grande majorité des salariés atteignent ou dépassent leurs objectifs individuels. Pour les élus de la CFE-CGC, cela est incohérent en regard de l’engagement des chercheurs, et la CFE-CGC a souligné que cet indicateur devait normalement faire l’objet d’un suivi managérial au cours de l’année et prendre, le cas échéant, des mesures correctives. Cela interroge sur les priorités fixées et sur les moyens alloués pour la publication scientifique, ainsi que sur les leçons qu’en retire la Direction pour l’année 2026.
Le second indicateur est lui-même subdivisé en deux critères :
- le taux de fréquence : 4,43 pour une cible à 3 pour avoir 100% et 3,5 pour avoir 50% -> Résultat : 0% d’intéressement sur ce critère, et la cible n’est pas ratée de peu : c’est un écart de +48% !
- le taux de gravité : 0,15 pour une cible à 0,02 pour avoir 100% et 0,03 pour 50% -> Résultat : 0% d’intéressement, avec un écart vertigineux de +650% !
Derrière ces chiffres, nous ne devons pas oublier qu’il s’agit là de la santé de nos collègues, de nous tous, et ce sujet est primordial. Bien sûr, en la matière, il est difficile de faire des statistiques sur un nombre de cas réduit. Même si les salariés sortent d’une période pesante avec l’annonce du projet de démantèlement de l’IRSN, il est aussi difficile de démontrer une relation de cause à effet. Pourtant, le retour d’expérience des restructurations et des réorganisations dans le monde de l’entreprise montre qu’il existe souvent un impact sur l’anxiété et le stress des salariés, et donc leur santé. La CFE-CGC a fait part de sa position à la Direction et l’a questionnée sur les leçons qu’elle en retire. La Direction s’est bien saisie de cette problématique, et nous fera part de ces analyses et réflexions.
Enfin, le montant global alloué à l’intéressement est calculé sur une base de 2,15% de la masse salariale et non 2,30% car, autre critère, le taux de réalisation des dépenses budgétaires est inférieur à 99,5 %, valeur seuil pour avoir une assiette de 2,30%.
Le futur de l’intéressement est aussi menacé.
En effet, la répartition de l’intéressement s’appuie sur deux composantes, l’une correspondant à la présence, l’autre au salaire. La CFE-CGC défend ce consensus, mais les autres OS veulent supprimer la composante salariale.
Pour la CFE-CGC, il est inacceptable de ne pas conserver la composante salariale : il est nécessaire de prendre en compte de manière équitable la contribution de chacun, donc de garder les deux composantes de l’intéressement, fondée sur la présence et sur le salaire.
A noter que l’intéressement est un dispositif facultatif d’épargne salariale qui a pour objectif d’associer les salariés aux performances de leur entreprise et que l’intéressement vise à encourager les salariés à s’impliquer dans la réalisation des objectifs à atteindre par l’entreprise.
Sans la composante salariale, la CFE-CGC s’inquiète de la perte d’intérêt que cela pourrait avoir s’il n’y a plus de vertu à encourager les salariés en responsabilité directe pour l’atteinte des objectifs. Pour la CFE-CGC, la perte de la composante salariale de l’intéressement constitue une ligne rouge.
